Les Glaives irrités T. 2Cycle de Richard de Clairbois

septembre 2008
304 pages

 

Après avoir assemblé, avec l’agrément d’un roi sans relief, une armée dévouée à sa personne, Jeanne Darc a vaincu les Bourguignons et les Anglais acharnés à la possession du royaume de France. Orléans, Jargeau, Meung, Beaugency, Patay ont été vidés de leurs occupants étrangers.

Le grand souci de la Pucelle est désormais le sacre du suzerain, à Reims, et sire Charles ne cesse d’atermoyer, irritant ainsi les zélateurs de la Vierge de Domremy et particulièrement trois d’entre eux : Richard de Clairbois, Raoul, son frère, et un archer industrieux : Aristide. Tandis que celui-ci gardait les chevaux, ses compagnons bataillaient auprès de la Pucelle.

Le couronnement de Reims confirme l’apathie d’un roi si peu anxieux du sort de son pays qu’il en dissout l’armée (21 septembre 1429), privant ainsi Jeanne, ses officiers et leurs subalternes d’une continuité de victoires.

Une petite compagnie de combattants demeure auprès de la Pucelle. Les trois amis en font partie. Leur égérie ne recouvrera son commandement qu’en mars 1430. Or, l’engouement des guerriers, leur courage, leur abnégation et leur confiance ne sont plus aussi admirables que naguère. Pour augmenter la garnison de Compiègne convoitée par le duc de Bourgogne, Jeanne s’y rend et ne médite que peu de temps sur la façon de desserrer l’étreinte des forces anglo-bourguignonnes très supérieures à celles dont elle dispose.

– Aux armes !

Le mardi 23 mai, dans la soirée, elle ordonne une attaque désavouée par ses amis qui pourtant l’accompagnent. Un repli est promptement nécessaire. La panique devient telle que Guillaume de Flavy manœuvre en hâte le pont-levis de la cité dont il est comptable. Le tablier se lève. Jeanne s’en approche. Il se lève encore pour laisser passer des fuyards. Il se lève définitivement alors que la Pucelle s’y précipitait.

Elle gît à terre, auprès de son cheval, entourée d’une meute de soudards bourguignons qui se rient de sa malaventure…

 

Comme à l’accoutumée, Pierre Naudin s’est employé à décrire le plus simplement possible et en deçà des tribulations de trois inséparables, la fin d’une tragédie dont Jeanne fut l’héroïne. Lire ces lignes, c’est revivre bellement une des plus grandes gestes de l’Histoire de France, mais aussi assister à ce qu’était l’existence de trois "compains" engagés dans le sillage de celle qu’on nomme encore respectueusement la Pucelle.


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