Le Champ clos de Montendre T. 5 *Les Pèlerins du devoir

décembre 2006
ISBN : 9782908650945

Enfin maître du domaine familial dont son demi-frère, Anceaux, l'avait dépossédé, Gui de Clairbois est victime d'une désillusion cruelle : refusant de vivre à la campagne, son épouse, Héloïse, exige de revenir à Tours, sa ville natale. Il charge son écuyer, Broeckx, de l’escorter.

Ulcéré par cette rupture, Gui se consacre à la réfection de sa ferme fortifiée.

Il est aidé par d’anciens serviteurs parmi lesquels figure Alaïs, une amie de jeunesse. Elle lui révèle quelques vérités sur son père, et frère Evrard, le chapelain, les corrobore : Gilbert de Clairbois, mort en Lombardie, était loin d’être un parangon de vertus humaines et chevaleresques.

À Montsurvent, le hameau du Cotentin où vit Luciane, sa mère, Gui obtient confirmation de ce qu’il craignait : le héros de sa jeunesse ne méritait ni son amour ni son respect.

Pour honorer une promesse faite à Enguerrand de Coucy avant qu’il ne succombe aux blessures reçues à la bataille de Nicopolis, Gui et Broeckx partent pour la Picardie dans l’intention d’y voir la veuve du martyr. Leur rencontre avec un gentilhomme normand, Guillaume de Courcy, les éloigne de leur itinéraire. Ensemble, ils se rendent à Bayeux où sont organisées des joutes. Après s’y être singulièrement illustré, Gui chemine à nouveau vers l’est.

À la Merveille – le somptueux château d’Enguerrend de Coucy –, le chevalier et l’écuyer vivent une étrange journée et une nuit plus étrange encore. Louis d’Orléans, le frère du roi, les convoque à Paris et Gui est chargé de se rendre en Avignon où le Pape Benoît XIII, contesté par maintes autorités ecclésiastiques et civiles, est menacé. Le prince est le seul haut personnage du royaume soucieux de la sécurité du souverain pontife.

À peine arrivés dans la cité, les deux "observateurs" apprennent que Geoffroy le Meingre, le frère du maréchal Boucicaut, a reçu l’ordre de capturer le Saint-Père dont trois cents Aragonais assurent la défense. À l’intérieur du palais, Gui et Broeckx subiront les affres d’un pénible siège, et c’est brisés spirituellement et physiquement qu’ils regagneront Paris.

Toujours soucieux de se référer aux réalités de l’Histoire, Pierre Naudin, d’une plume alerte et colorée, décrit, parmi les événements de l’année 1398, le siège du Palais des Papes lors duquel se distingua le lugubre Geoffroy le Meingre. Avant que d’entraîner ses lecteurs à Montendre ou sept Anglais et sept Français s’affrontèrent en un combat d’une rare enragerie, le romancier, dont le talent de conteur ne faiblit jamais, tenait en réserve ce récit fait de lumières crues et d’ombres palpitantes d’où émerge, à la fois sereine et pathétique, l’image d’un grand souverain pontife injustement et outrageusement persécuté.

23,00